Vocabulaire du Moyen-Age (extraits)
Posté : 05 oct. 2003 14:25
ABADENGO. (n. m., esp.). Domaine, seigneurie d'église ou d'abbaye.
ABBATIALE. (n. f., du lat. abbatia). Église principale ou unique d'une abbaye.
ABBATIAT. (n. m.). Charge d'abbé ou d'abbesse. Il est dit multiple lorsqu'un même abbé cumule sa fonction dans plusieurs établissements de même rang.
ABBAYE. (n. f., lat. abbatia). Monastère, établissement ecclésiastique d'hommes ou de femmes suivant une règle de type cénobitique. C'est le lieu de vie d'une communauté, qui, sous la direction d'un abbé, vit claustrée et se consacre au service divin, à la prière, à la méditation, au travail intellectuel et manuel.
ABBÉ. (n. m., lat. abbas, de l'araméen abba, père). Chef d'une abbaye. Selon la règle attribuée à saint Benoît de Nursie (480-547), l'abbé devait être élu, généralement à vie, par les moines de l'abbaye. Il désigne ensuite ceux qui l'assistent tels le prieur, le cellérier, le maître des novices, le portier ou l'infirmier. À l'époque mérovingienne, on nommait aussi abbé certains titulaires de la direction d'une basilique funéraire. À l'époque carolingienne, également certains dirigeants de chapitres de chanoines portaient ce titre.
BAATE. (n. f., de l'anc. fr. baer, guetter, attendre). Tourelle où se plaçait la sentinelle pour guetter l'arrivée de l'ennemi et faire sonner le tocsin.
BACHELIER. (n. m., lat. méd., baccalarius). 1. Sens général : jeune, vaillant. 2. Jeune gentilhomme aspirant à être fait chevalier. 3. Titulaire du premier grade universitaire.
BACUL. (n. m.). Peine infligée à un homme ayant commis une faute dans l'exercice de sa charge ou à une fille dévergondée : les fesses du condamné frappées avec une pelle.
CÀ ou CASA. (n. f., ital.). Maison, famille.
DAME. (n. f., lat. domina, maîtresse). 1. Féminin de seigneur (dominus), titre donné à la femme d'un seigneur. Équivalent f. de sire. 2. Par excellence, sujet de l'amour courtois.
DAMOISEAU. (n. m., latin méd. domicellus). 1. Gentilhomme qui n'était pas encore chevalier. Syn. catalan : donzell, all. : Juncker. 2. Syn.: écuyer.
ÉCHAFAUD. (n. m.). Estrade, charpente, pavillon de bois d'où les femmes assistaient aux tournois.
FABLIAU. (n. m., anc. fr., du lat. fabula). Aux xiie et xiiie s., dans le Nord de la France, récit, petit conte en vers, destiné à faire rire. En vogue surtout dans les milieux nobles car il tourne en dérision le bourgeois, ce style de satire est remplacé par la nouvelle.
FAIDA ou FAIDE. (n. f., germ.). Chez les Germains, vengeance privée dans le cadre familial, rendue obligatoire lorsqu'il y a eu meurtre d'un membre d'une famille par une autre famille. Expédition punitive, haine.
GAGE. (n. m., du francique waddi, lat. gagium). Objet ou bien de valeur, une garantie qui est remise à un juge ou à un seigneur. Le gage sert à prouver la bonne foi, à garantir une promesse, ou le paiement d'une dette.
HACHE. (n. f., du francique hâppia). Arme essentiellement utilisée au cours de l'époque franque, surtout destinée à l'origine aux cavaliers. Elle est composée d'un manche, que l'on pourrait comparer à une masse d'arme. Au bout de ce manche, on trouve d'un côté un large fer tranchant qui a la forme d'un croissant, et de l'autre, un marteau. La hache est utilisée pour désarçonner, on la lance après l'avoir fait tournoyer. Au xve s., le manche est plus court et elle sert plutôt comme arme d'arçon
JACQUES. (n. m. pl.). 1. Surnom donné en France aux paysans. 2. Partisans de la Jacquerie.
JAIOLAGE. (n. m., du lat. méd. gavia, anc. fr. jaiole, geôle). Droit perçu pour l'entretien des prisonniers.
JALAGE. (n. m., anc. fr., de jale, jatte). Droit levé sur le vin vendu au détail.
JALET. (n. m., de jale, jatte). Mesure de capacité utilisée pour les liquides et les grains. Elle varie selon les régions.
LABOUREUR. (n. m.). À la fin du Moyen Âge, paysan aisé qui détient un train de culture et des animaux de trait, lui permettant d'exploiter les terres qu'il loue ou dont il est le propriétaire. Dans la partie nord du royaume de France, ce train de culture est largement représenté par la charrue, tirée par des boufs ou des chevaux. Dans le Sud, l'araire domine, pas nécessairement en raison d'une différence de moyens mais parce qu'il est mieux adapté à des sols plus fragiles, évitant l'érosion.
LACS DE SOIE. (n. m., du lat. laqueus, noud coulant). Mince cordon en fil de soie qui sert de lien, d'attache entre un sceau et un document officiel (édit, charte, bulle). Les lacs de soie étaient de diverses couleurs, mais souvent bicolores pour les documents solennels.
LAIE. (n. f., anc. fr., du francique laida). Sentier de forêt, limite.
LAMBREQUIN. (n. m., de lambeau). Ruban de fin tissu placé sur le heaume et l'écu et permettant aux chevaliers de se préserver de la chaleur. En effet, ils atténuaient les désagréments causés par le soleil qui augmentait la température des accessoires en métal. À partir du xiiie s., devient un ornement raffiné qui orne également le blason.
MACEFONDE. (n. f., anc. fr., du lat. méd. mattea, marteau). Catapulte utilisée pour jeter des pierres.
MACELLERIE ou (anc. fr.) MACECLE. (n. f., lat. macellaria). Boucherie, abattoir. Un macelier (ou masselier) est un boucher.
MACHICOULIS ou MACHECOULIS. (n. m., de l'anc. fr. machier, écraser et coulis, couler). Galerie en surplomb au sommet d'un mur fortifié de même nature que le hourd. Des ouvertures aménagées permettent aux assiégés de verser projectiles ou liquides brûlants sur les attaquants. Se répandent au xive s.
NAPÉE. (n. f., du lat. nappeae, nymphes des bois). Nymphes des eaux, des forêts et des montagnes.
OBÉDIENCE. (n. f., lat. obedientia, obéissance). 1. Soumission hiérarchique religieuse. 2. Dépendance hiérarchique d'une communauté religieuse vis-à-vis d'un monastère plus important ou chef d'ordre. Qualifie cette communauté, syn. de cella ou de prieuré. 3. Type de vie religieuse, interprétation d'une règle, tendance à laquelle se soumet une partie d'un ordre. Syn. d'observance.
OBLAT. (n. m., du lat. oblatus, offert). 1. Enfant " offert " (entré) à un monastère pour y être éduqué et devenir moine. 2. Parfois syn. (voir ces mots) de donné ou lai.
OBLIGEANCE. (n. m., anc. fr., du lat. obligare, de ligare, lier). 1. Acte devant notaire. 2. Acte par lequel le chevalier s'engageait, dans le cadre d'un combat en champs clos, à se trouver au combat à un jour et une heure précise.
OBOLE. (n. f., lat. obola, du gr. obolos). 1. Espèce monétaire en cuivre valant la moitié d'un denier, qui prit le nom de maille à partir de saint Louis. 2. Petite somme, offrande de peu d'importance.
PAGE. (n. m., lat. pagium, de pagus, pays ?). 1. Valet au service d'un homme d'arme, il l'aidait à mettre son armure et gardait les chevaux pendant le combat. 2. À partir de Charles VI, jeune noble placé auprès du roi, d'un seigneur ou d'une grande dame pour apprendre le métier des armes, faire le service d'honneur.
SABOULEUX. (n. m., anc. fr., du lat. méd. sapo,-nis, savon). Nom donné à des mendiants qui sollicitaient la charité en se mettant un morceau de savon dans la bouche, ce qui leur permettait d'écumer comme les épileptiques (xive-xve s.).
TABARD ou TABAR. (n. m., du gr. tamparion). Manteau d'étoffe grossière porté sur l'armure.
TABLETTE. (n. f.). Plaquette de bois ou de métal enduite de cire. Servait de support d'écriture à des notes dont la conservation n'était pas jugée nécessaire, de bloc-note. Parmi les plus célèbres et rares à être parvenues jusqu'à nous, les tablettes des comptes de l'Hôtel royal sous saint Louis.
VACANCE. (n. f., du lat. vacare, être vide). Période durant laquelle une charge, un office ou un bénéfice sont laissés sans titulaire.
VALET. (n. m., du lat. méd., vassellitus). 1. Jeune homme apprenant le métier des armes. 2. Personne, ayant appris un métier, exerçant celui-ci auprès d'un maître, généralement en temps que salarié.
WANDELART. (n. m., flam.). Pillard.
XÉNODOCHEION. (n. m., n. en gr., abri des hôtes ou étrangers) ou xENODOCHIUM. (n. en lat.). Asile, lieu d'assistance au haut Moyen Âge, généralement monastique ou épiscopal.
Extraits du livre de François-Olivier Touati, dir., Vocabulaire historique du Moyen Age (Occident, Byzance, Islam), 3ème édition
ABBATIALE. (n. f., du lat. abbatia). Église principale ou unique d'une abbaye.
ABBATIAT. (n. m.). Charge d'abbé ou d'abbesse. Il est dit multiple lorsqu'un même abbé cumule sa fonction dans plusieurs établissements de même rang.
ABBAYE. (n. f., lat. abbatia). Monastère, établissement ecclésiastique d'hommes ou de femmes suivant une règle de type cénobitique. C'est le lieu de vie d'une communauté, qui, sous la direction d'un abbé, vit claustrée et se consacre au service divin, à la prière, à la méditation, au travail intellectuel et manuel.
ABBÉ. (n. m., lat. abbas, de l'araméen abba, père). Chef d'une abbaye. Selon la règle attribuée à saint Benoît de Nursie (480-547), l'abbé devait être élu, généralement à vie, par les moines de l'abbaye. Il désigne ensuite ceux qui l'assistent tels le prieur, le cellérier, le maître des novices, le portier ou l'infirmier. À l'époque mérovingienne, on nommait aussi abbé certains titulaires de la direction d'une basilique funéraire. À l'époque carolingienne, également certains dirigeants de chapitres de chanoines portaient ce titre.
BAATE. (n. f., de l'anc. fr. baer, guetter, attendre). Tourelle où se plaçait la sentinelle pour guetter l'arrivée de l'ennemi et faire sonner le tocsin.
BACHELIER. (n. m., lat. méd., baccalarius). 1. Sens général : jeune, vaillant. 2. Jeune gentilhomme aspirant à être fait chevalier. 3. Titulaire du premier grade universitaire.
BACUL. (n. m.). Peine infligée à un homme ayant commis une faute dans l'exercice de sa charge ou à une fille dévergondée : les fesses du condamné frappées avec une pelle.
CÀ ou CASA. (n. f., ital.). Maison, famille.
DAME. (n. f., lat. domina, maîtresse). 1. Féminin de seigneur (dominus), titre donné à la femme d'un seigneur. Équivalent f. de sire. 2. Par excellence, sujet de l'amour courtois.
DAMOISEAU. (n. m., latin méd. domicellus). 1. Gentilhomme qui n'était pas encore chevalier. Syn. catalan : donzell, all. : Juncker. 2. Syn.: écuyer.
ÉCHAFAUD. (n. m.). Estrade, charpente, pavillon de bois d'où les femmes assistaient aux tournois.
FABLIAU. (n. m., anc. fr., du lat. fabula). Aux xiie et xiiie s., dans le Nord de la France, récit, petit conte en vers, destiné à faire rire. En vogue surtout dans les milieux nobles car il tourne en dérision le bourgeois, ce style de satire est remplacé par la nouvelle.
FAIDA ou FAIDE. (n. f., germ.). Chez les Germains, vengeance privée dans le cadre familial, rendue obligatoire lorsqu'il y a eu meurtre d'un membre d'une famille par une autre famille. Expédition punitive, haine.
GAGE. (n. m., du francique waddi, lat. gagium). Objet ou bien de valeur, une garantie qui est remise à un juge ou à un seigneur. Le gage sert à prouver la bonne foi, à garantir une promesse, ou le paiement d'une dette.
HACHE. (n. f., du francique hâppia). Arme essentiellement utilisée au cours de l'époque franque, surtout destinée à l'origine aux cavaliers. Elle est composée d'un manche, que l'on pourrait comparer à une masse d'arme. Au bout de ce manche, on trouve d'un côté un large fer tranchant qui a la forme d'un croissant, et de l'autre, un marteau. La hache est utilisée pour désarçonner, on la lance après l'avoir fait tournoyer. Au xve s., le manche est plus court et elle sert plutôt comme arme d'arçon
JACQUES. (n. m. pl.). 1. Surnom donné en France aux paysans. 2. Partisans de la Jacquerie.
JAIOLAGE. (n. m., du lat. méd. gavia, anc. fr. jaiole, geôle). Droit perçu pour l'entretien des prisonniers.
JALAGE. (n. m., anc. fr., de jale, jatte). Droit levé sur le vin vendu au détail.
JALET. (n. m., de jale, jatte). Mesure de capacité utilisée pour les liquides et les grains. Elle varie selon les régions.
LABOUREUR. (n. m.). À la fin du Moyen Âge, paysan aisé qui détient un train de culture et des animaux de trait, lui permettant d'exploiter les terres qu'il loue ou dont il est le propriétaire. Dans la partie nord du royaume de France, ce train de culture est largement représenté par la charrue, tirée par des boufs ou des chevaux. Dans le Sud, l'araire domine, pas nécessairement en raison d'une différence de moyens mais parce qu'il est mieux adapté à des sols plus fragiles, évitant l'érosion.
LACS DE SOIE. (n. m., du lat. laqueus, noud coulant). Mince cordon en fil de soie qui sert de lien, d'attache entre un sceau et un document officiel (édit, charte, bulle). Les lacs de soie étaient de diverses couleurs, mais souvent bicolores pour les documents solennels.
LAIE. (n. f., anc. fr., du francique laida). Sentier de forêt, limite.
LAMBREQUIN. (n. m., de lambeau). Ruban de fin tissu placé sur le heaume et l'écu et permettant aux chevaliers de se préserver de la chaleur. En effet, ils atténuaient les désagréments causés par le soleil qui augmentait la température des accessoires en métal. À partir du xiiie s., devient un ornement raffiné qui orne également le blason.
MACEFONDE. (n. f., anc. fr., du lat. méd. mattea, marteau). Catapulte utilisée pour jeter des pierres.
MACELLERIE ou (anc. fr.) MACECLE. (n. f., lat. macellaria). Boucherie, abattoir. Un macelier (ou masselier) est un boucher.
MACHICOULIS ou MACHECOULIS. (n. m., de l'anc. fr. machier, écraser et coulis, couler). Galerie en surplomb au sommet d'un mur fortifié de même nature que le hourd. Des ouvertures aménagées permettent aux assiégés de verser projectiles ou liquides brûlants sur les attaquants. Se répandent au xive s.
NAPÉE. (n. f., du lat. nappeae, nymphes des bois). Nymphes des eaux, des forêts et des montagnes.
OBÉDIENCE. (n. f., lat. obedientia, obéissance). 1. Soumission hiérarchique religieuse. 2. Dépendance hiérarchique d'une communauté religieuse vis-à-vis d'un monastère plus important ou chef d'ordre. Qualifie cette communauté, syn. de cella ou de prieuré. 3. Type de vie religieuse, interprétation d'une règle, tendance à laquelle se soumet une partie d'un ordre. Syn. d'observance.
OBLAT. (n. m., du lat. oblatus, offert). 1. Enfant " offert " (entré) à un monastère pour y être éduqué et devenir moine. 2. Parfois syn. (voir ces mots) de donné ou lai.
OBLIGEANCE. (n. m., anc. fr., du lat. obligare, de ligare, lier). 1. Acte devant notaire. 2. Acte par lequel le chevalier s'engageait, dans le cadre d'un combat en champs clos, à se trouver au combat à un jour et une heure précise.
OBOLE. (n. f., lat. obola, du gr. obolos). 1. Espèce monétaire en cuivre valant la moitié d'un denier, qui prit le nom de maille à partir de saint Louis. 2. Petite somme, offrande de peu d'importance.
PAGE. (n. m., lat. pagium, de pagus, pays ?). 1. Valet au service d'un homme d'arme, il l'aidait à mettre son armure et gardait les chevaux pendant le combat. 2. À partir de Charles VI, jeune noble placé auprès du roi, d'un seigneur ou d'une grande dame pour apprendre le métier des armes, faire le service d'honneur.
SABOULEUX. (n. m., anc. fr., du lat. méd. sapo,-nis, savon). Nom donné à des mendiants qui sollicitaient la charité en se mettant un morceau de savon dans la bouche, ce qui leur permettait d'écumer comme les épileptiques (xive-xve s.).
TABARD ou TABAR. (n. m., du gr. tamparion). Manteau d'étoffe grossière porté sur l'armure.
TABLETTE. (n. f.). Plaquette de bois ou de métal enduite de cire. Servait de support d'écriture à des notes dont la conservation n'était pas jugée nécessaire, de bloc-note. Parmi les plus célèbres et rares à être parvenues jusqu'à nous, les tablettes des comptes de l'Hôtel royal sous saint Louis.
VACANCE. (n. f., du lat. vacare, être vide). Période durant laquelle une charge, un office ou un bénéfice sont laissés sans titulaire.
VALET. (n. m., du lat. méd., vassellitus). 1. Jeune homme apprenant le métier des armes. 2. Personne, ayant appris un métier, exerçant celui-ci auprès d'un maître, généralement en temps que salarié.
WANDELART. (n. m., flam.). Pillard.
XÉNODOCHEION. (n. m., n. en gr., abri des hôtes ou étrangers) ou xENODOCHIUM. (n. en lat.). Asile, lieu d'assistance au haut Moyen Âge, généralement monastique ou épiscopal.
Extraits du livre de François-Olivier Touati, dir., Vocabulaire historique du Moyen Age (Occident, Byzance, Islam), 3ème édition